Mr Liste devait vous parler de sa bibliothèque amoureuse, mais il a été rattrapé par l'actualité. Il ne s'agit pas du décès de Jacques Chirac, ce président qui n'aura été gaullien qu'un instant : lors du refus d'engager la France en Irak.
Il s'agit plutôt de Greta.
Ce n'est pas une serveuse blonde de l'Oktoberfest, mais (elle arbore aussi des tresses) Greta Thunberg, la sainte icône verte (de rage, paraît-il).
Loin de moi de la prendre pour une idiote, car elle est atteinte de la maladie d'Asperger. Les criminels sont ceux qui l'exhibent comme une bête de foire, à commencer par son père, ou le financier Ingmar Rentzhog et sa start-up suédoise We Don't Have Time. Tout ce petit monde, dont le milieu familier est plus celui de la finance et la communication que celui de l'environnement, fait en sorte que Greta s'insurge mais ne propose rien. Exemple : elle a refusé de prendre position à propos du CETA. Le but n'est que de susciter la peur. Les écoliers d'aujourd'hui, le cerveau déjà bien lavé à la lessive environnementale, seront les SA de demain, afin de faire respecter l'ordre financier.
Alors ras-le-bol de ceux qui nous obligent à révérer des idoles, et à nous faire les gros yeux si l'ont émet une objection ("Mais enfin, comment osez-vous ?"). Je conseille d'ailleurs la lecture du roman de Iegor Gran, L'écologie en bas de chez moi (Folio Gallimard, 2011) dans lequel le narrateur est épié et jugé par ses voisins bobos écolos qui lui font les gros yeux.
J'ai donc concocté une petite liste, mais non exhaustive, d'icônes intouchables pour lesquels : gros yeux, etc.
Ces icônes pullulent en politique : Gorbatchev, qui a préparé la "thérapie de choc" qui a tué la Russie, ou bien Obama, qui ne pouvait pas faillir parce qu'il était jeune et noir ("Mais enfin, comment osez-vous ?"). Prix Nobel de la Paix !
Mais je voulais me concentrer sur le domaine environnemental.
- Jacques-Yves Cousteau :
Oui, je sais, ce n'est pas lui mais son frère qui a été condamné à mort pour collaboration. Mais ses premiers films, Par dix-huit mètres de fond et Epaves, tournés avec l'accord de la Kriegsmarine, furent présentés en 1943 devant la fine fleur de Vichy. Ce malthusien invétéré écrira : "C’est terrible à dire. Il faut que la population mondiale se stabilise et pour cela, il faudrait éliminer 350 000 hommes par jour. C’est si horrible à dire qu’il ne faut même pas le dire" (Courrier de l'UNESCO, 1991). Et c'est ce que dit aujourd'hui un Yves Cochet. Ach !
- Al Gore (Al Gore rhythm ?) :
Le premier gourou en la matière dont ce n'est pas la spécialité : c'est un homme d'affaires, vice-président sous Clinton (lui-même sous Monica, ah, ah !), et candidat à la présidentielle. Il fut le narrateur du documentaire réalisé par Davis Guggenheim, An Inconvenient Truth (Une vérité qui dérange). Un juge de la Haute Cour de Londres a estimé que ce film est " en grande partie exact " et s'appuie sur de sérieuses recherches scientifiques, mais relève neuf erreurs ou approximations contenues dans le film qu'il considère aussi comme politique. Il a ainsi décidé que sa diffusion dans les écoles devait être accompagnée d'une notice exposant les différents points de vue sur le sujet, afin de respecter les lois demandant une expression équilibrée des idées politiques dans les écoles. Ce qui n'a pas été le cas en France ! Al Gore s'est aussi rempli les poches en spéculant sur le marché des droits du carbone. Il est bien évidemment une référence pour Greta Thunberg.

Tout comme le Prince Philip d’Angleterre, qui a déjà exprimé sa volonté de se réincarner en virus mortel pour aider à réduire la population mondiale, la propagande d’Al Gore peut tuer à la vitesse d’une bactérie.
- Sting et Bono (ou Stoned et Bingo, j'les confonds toujours) :
On ne peut pas les attaquer : "They're so popular !" Quel est l'impact environnemental d'un seul concert de U2 ou de Police ? Combien de semi-remorques de matériel ? Et lors de la crise financière en Irlande, Sting n'a pas levé le petit doigt pour son pays natal ! Plus on est milliardaire, plus on se donne bonne conscience.
- Yann-Arthus Bertrand :
Combien de milliers d'hectolitres de kérosène pour son hélicoptère ? Arthus-Bertrand, avec son film Home a fait son Gore (un film gore ?). A propos, je vous invite à retrouver à nouveau Iegor Gran dans une tribune de Libé du 4 juin 2009 : "Yann-Dieu égrène sa vision binaire : homme - mauvais, Terre - jolie. Homme - parasite, Terre - richesse. Terre - notre maman adorée, homme - blatte. [...] Touchantes images du making of où l’on voit Yann-Dieu, littéralement descendu du ciel, telle la bouteille de Coca-Cola dans Les Dieux sont tombés sur la tête, prendre un bain de foule parmi les indigènes. Blattes des pays pauvres, votre mode de vie est tellement tendance ! Il en va autrement de la blatte occidentale. Franchement, on a envie de l’écraser, cette blatte-là ! [...] Produit par Luc Besson, grand pourvoyeur de finesse devant l’Eternel, il nous assène quelques vérités grosses comme Las Vegas." Yann-Arthus, prénom aussi ridicule que Jean-Edern ou Bernard-Henri (hommage à Pierre Desproges) !
- Pierre Rabhi :
Au départ, je l'aimais bien car il n'écoute que de la musique classique. Mais influencé par le mouvement théosophique, il promeut le modèle du paysan immuable tradition/arriération. Comme le dit le journaliste Pierre Malet : "Au cœur de l’industrie culturelle, M. Rabhi a su mobiliser l’imaginaire du paradis perdu et en faire un produit de consommation de masse." Son fonds de dotation est un petit empire financier et il ne déteste pas la fréquentation des oligarques mondains et autres patrons du CAC 40...
On va regretter René Dumont...

GROS YEUX !
Commentaires
Ca devient plus polémique!